Réflexions sur la saturation par les médias

Réflexions sur la saturation par les médias

 

Il est difficile de dire si ce sont les médias qui proposent, qui imposent une information exclusive sur ce sujet telle que la catastrophe du bus qui a fait 43 morts en octobre 2015 ou si les médias répondent en fait à une demande des consommateurs de nouvelles, demandes qui s’orientent alors vers de tels médias qui peuvent profiter ainsi d’une manne publicitaire assurée si effectivement les auditeurs ou les téléspectateurs les écoutent massivement.

 

On peut ainsi évoquer si l’on estime qu’il y a une demande potentielle, les consommateurs d’information que ce soit audio ou télévision, demande qui est alors satisfaite par les médias, éventuellement de façon anticipée, les médias connaissant alors d’avance une telle demande, plusieurs causes :

  • une première cause est le désir de vivre dans l’instant. Dans notre société l’individu veut tout réaliser et tout avoir tout de suite. Tout peut s’acheter, même le temps. Les médias répondent alors à cette exigence en diffusant en boucle des informations sur un tel fait divers satisfaisant ainsi le besoin d’immédiateté de l’individu. Une telle explication n’explique pas néanmoins la permanence et la rémanence d’une telle information sur une journée voir une semaine comme cela a été le cas en janvier 2015 avec la tuerie de Charlie Hebdo.
  • Une deuxième cause déjà citée, est la peur de mourir. En effet dans une société de consommation où tout s’achète même la santé, le seul élément qui échappe à notre contrôle est notre mort. Cette mort constitue ainsi un sujet d’anxiété qui se concrétise sous la forme de ce fait divers. Cette anxiété, qui est en permanence masquée par notre société, éclate alors au grand jour et demande à être assouvie par cette débauche d’informations sur la mort des victimes de cet accident de la route. Les gens ont besoin d’avoir peur et cette peur tant désirée se manifeste par l’évocation de l’horrible décès des victimes de l’accident. Les gens en ressassant les informations horribles des médias sur ces personnes par exemple brûlées vives ruminent une peur qui peut enfin éclater au grand jour en étant légitimée par les médias et par la description de l’accident. On peut même imaginer que les gens ont besoin que cette peur éclate de façon régulière au moins une ou plusieurs fois par an afin d’évacuer par une espèce de soupape de sécurité cette anxiété qui est le fondement de notre société. En effet l’individu dans une situation anxiogène se cache derrière cette société pour demander assistance que ce soit contre la délinquance, contre le chômage, contre la maladie. Il a donc besoin d’être protégé et inconsciemment perçoit ce besoin entraînant cette anxiété. Une autre solution aurait été de vaincre cette anxiété voire même d’essayer de la comprendre. Par exemple essayer par ses propres moyens de chercher un travail, de maîtriser sa santé en arrêtant de fumer, de manger inconsidérément, en faisant du sport.
  • Une troisième cause peut être un voyeurisme morbide. En effet dans notre société soumise à des tabous en particulier sur la mort, il est interdit ou déconseillé d’évoquer les circonstances d’une mort ou celles-ci sont cachées, « scotomisées ». En effet, il est interdit d’assister à la mort d’un autre individu alors que celui-ci était encouragé dans d’autres sociétés, par exemple dans la société romaine où des condamnés étaient exécutés en public dévorés par des fauves, brûlés, où des gladiateurs pouvaient s’entretuer dans l’arène dans un spectacle ouvert à tous et offert par les gouvernants de l’époque, c'est-à-dire l’empereur. Dans le cadre exceptionnel de cet accident, où régulièrement il est décrit en détails, quasiment toutes les heures, l’individu peut ainsi assister quasiment en direct à l’horreur de la situation. Inconsciemment il s’en délecte, ce voyeurisme peut constituer une forme atténuée d’une forme d’agressivité puisque toute société interdit l’assassinat, en particulier à titre gratuit. Là, en se voyant décrire de façon récurrente les circonstances de la mort des victimes, l’individu obtient l’équivalence d’un spectacle par exemple de condamnés à mort comme à l’époque de la royauté absolue où les condamnés étaient exécutés et torturés en public. En allant plus loin, ce voyeurisme constitue donc également une forme atténuée de tendance meurtrière ou sadique où l’individu aurait le droit de tuer ou de brûler qui bon lui semble.

 

 

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Réflexion sur les sites portant sur des thèmes médicaux destinés au public

Réflexion sur les sites portant sur des thèmes médicaux destinés au public.

 

On pourrait imaginer que les patients après ou avant d’avoir consulté leur médecin suivent leurs conseils, se conforment à leurs bilans et leurs traitements. En des temps plus anciens, tel était le cas ou sinon les patients acceptaient leur souffrances en silence suivant en cela les préceptes d’une tradition judéo-chrétienne où l’on est, après avoir été pêcheur, condamné à souffrir.

 

Certes, auparavant, les gens consultaient déjà les rebouteux, les sorciers mais en fait cela était probablement dû au fait qu’il n’y avait pas assez de médecins et qu’il fallait bien consulter un thérapeute quelconque.

 

Actuellement les soins étant universels et remboursés, le patient est informé par son médecin des possibilités que lui offre la science dans son affection.

 

Souvent le médecin décrit les limites de sa science, limites à la fois thérapeutique mais également les limites concernant l’origine de l’affection dont est victime le patient. Le médecin lui répond souvent que son affection nécessite un bilan parfois prolongé, qu’on ne trouvera pas forcément de cause et que le traitement risque de ne pas être efficace complètement.

 

Or, on vit dans une civilisation de consommation où l’on vit dans l’instant avec la notion d’une prestation de service. Le patient n’est donc pas souvent satisfait de la réponse du médecin qui ne lui promet pas une guérison ou même une amélioration et qui lui conseille d’être patient devant une évolution longue.

 

Le patient mécontent dans sa notion d’immédiateté se tourne alors vers des moteurs de recherche et la quête d’autres réponses thérapeutiques immédiates.

 

Il scrute ainsi les sites internet et s’enquiert dans des forums de discussion. Il reste donc dans une logique de prestation de service, d’immédiateté, sans aucune réflexion sur son état. Il aurait pu sinon se renseigner dans des ouvrages, dans des revues mais cela est trop long et demande une démarche de sa part, prenant du temps et demandant aussi un minimum de réflexion qu’il n’est plus en état de fournir. On n’est plus au stade de la réflexion mais au stade de la question. L’homme demande, veut mais ne réfléchit plus.

 

 

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Les réactions rapides de rejet et de contestation lors de difficultés sociales en France par rapport aux autres pays

On peut également réfléchir sur cette réaction rapide de rejet et de contestation lors de difficultés sociales en France par rapport aux autres pays.

La France en fait a été un état très tôt très centralisé et très autoritaire. Les populations laborieuses étaient astreintes à des corvées fréquentes, astreignantes et manuelles : la taille, la gabelle…

Le pouvoir était très centralisé reposant sur les seigneurs puis ensuite sur le roi dès le Xème siècle après J-C.

Les autres Etats européens n’étaient pas aussi précoces ni aussi centralisés. A titre d’exemple, l’Allemagne et l’Italie n’ont été unifiées qu’au XIXème siècle.

L’Angleterre a acquis rapidement une autonomie des classes sociales par l’octroi de la Charte par Jean sans terre dès le milieu du Moyen-âge et l’Espagne est une nation récente du fait de l’invasion musulmane jusqu’à la Renaissance.

Il s’est donc imprégné dans l’inconscient collectif français, un sentiment d’injustice, d’oppression depuis le début du Moyen-âge vis-à-vis des élites. Cette insatisfaction se manifeste par une attitude de revendication après une impression d’oppression dont l’acmé a été ressentie sous le règne de Louis XIV dont l’une des devis était « L’Etat, c’est moi ».

Cette attitude de revendication a explosé et  a été couronnée de succès par la Révolution française au profit de la classe bourgeoise. Les masses laborieuses, paysannes et ouvrières ont continué à ressentir ce sentiment d’injustice qu’elles ont exprimés par différentes luttes sociales et surtout par la volonté de maintien des acquis sociaux et donc d’un immobilisme sociale en leur faveur.

La population française en majorité d’origine modeste refuse donc toute évolution sociale dans un peur inconsciente de revenir à l’état antérieur d’avant la Révolution.

 

La population française actuellement se trouve face à une alternative non seulement de grogne sociale mais de révolte face à un système grippé sans évolution possible où la droite et la gauche, analogues à des bandes mafieuses se partagent un magot, représenter par le Trésor Public.

 

La population française le ressent d’autant plus qu’elle en est informée non seulement par les médias classiques (journaux, radio, télévision) mais aussi par les nouveaux médias que sont Internet et les réseaux sociaux. Internet et les réseaux sociaux engendrent ainsi une nouvelle culture dont s’inspirent d’ailleurs les islamistes avec un monde alternatif qui leur est proposé sous forme de textes, de vidéos, de mode d’emploi pratique d’attentats en tout genre. L’Etat actuellement étant en faillite, les gouvernants actuels n’ont d’autres possibilités que de s’ouvrir au monde du travail puisque l’Etat ne peut plus créer d’emploi et qu’il réalise que seul le secteur privé peut en créer.

 

 

On peut gloser sur l’absence d’une telle réaction dans certaines populations dont les populations asiatiques. On peut l’expliquer par la stratégie de survie de ses populations depuis des siècles. En effet, les populations chinoises vivaient dans la misère depuis des siècles et ont été forcées de s’expatrier. Elles se sont plus alors inscrites dans une stratégie de gratification mais une stratégie de survie beaucoup plus active ce qui explique leur relative réussite sociale et leur absence de contestation. D’autres populations asiatiques plus récemment se sont retrouvées également face à des situation de massacres en Asie du Sud-est, au Cambodge par les Khmers rouges ou au Vietnam lors des évacuations par Boat people ce qui les a aussi conduit à des stratégies de survie où la gratification devient alors personnelle, s’agissant alors de pouvoir s’alimenter, se loger et éventuellement réussir socialement pour les enfants.

Il convient aussi de signaler que les ces populations en particulier la population chinoise a une structure culturelle beaucoup plus élaborée. En effet, paradoxalement, l’enseignement est beaucoup plus difficile. Apprendre la langue chinoise demande 5 ans au moins, en travaillant au moins 1h30 par jour. Apprendre la langue, et donc savoir, lire, écrire nécessite un apprentissage régulier ce qui n’est pas nécessaire pour l’apprentissage des caractères romains. La scolarité d’un enfant chinois est donc beaucoup plus astreignante mais par contre le conduit à une plus grande régularité du travail intellectuel.

Enfin la société chinoise et la société vietnamienne sont basées sur une hiérarchie sociale très rigoureuse avec en particulier l’existence d’une classe sociale, celle des lettrés qui savent lire et écrire. Cette classe sociale, qui est relativement visible par les populations défavorisées puisque ce sont ces lettrés qui les administrent, incite donc la population de base à aspirer à ce statut en incitant ses enfants à une activité scolaire régulière pour savoir lire et écrire.

 

 

 

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L’inconscient collectif d’un pays ou l’inconscient partagé par les habitants d’un pays illustré par le terrorisme récent

L’inconscient collectif d’un pays ou l’inconscient partagé par les habitants d’un pays illustré par le terrorisme récent

 

Le ressenti et la réaction sociale face aux attentats récents de janvier 2015 sont emblématiques d’un type d’inconscient collectif.

 

La réaction des média est basée sur l’effet d’annonce et la recherche d’une audience maximale. Elle se base sur la prolongation d’une émotion qui doit être instantanée et sur une peur qui devient rémanente.

En fait il ne s’agit pas du déclenchement d’une peur mais de la résurgence d’une peur inconsciente de l’individu au sein d’une société. Il vit en effet dans un cocon social où il est hébergé, nourri, payé au sein d’une société où il perd tout dynamisme, toute responsabilité, et toute initiative.

L’individu le ressent profondément mais ne peut l’extérioriser et en ressent un peur inconsciente qui reste tapie.

Cette peur ressurgit lorsque justement la société s’avère incapable d’y remédier par exemple dans des attentats terroristes. Une peur peut trouver sa justification, certes, mais là, elle est fortement exagérée vu le faible nombre de victimes, une vingtaine, alors que par exemple, le vol d’Air Asia a entraîné 370 victimes.

 

Pourquoi la population est-elle traumatisée par l’assassinat d’une quinzaine de personnes par des terroristes ?

D’une manière générale on est de plus en plus confronté à l’émotion devant les faits divers et l’assassinat dans des conditions plus ou moins horribles de quelques personnes voire d’une personne. Cette émotion s’apparente en fait à une réaction de peur. Cette peur est ressentie devant la marginalisation du destin de quelques individus dont la disparition n’obéit pas aux normes de notre société.

En effet, la société dans laquelle l’individu évolue se charge non seulement de le nourrir, de l’héberger, de le faire consommer mais adopte des rites bien précis pour le faire disparaître. Ainsi on ne peut mourir que de maladies dans l’enceinte d’un hôpital ou à l’intérieur d’une voiture mais surtout dans le cadre d’évènements normatifs prévus par une certaine forme de règles sociales : la maladie, les accidents… les décès imprévus dus à des attentats ou à des meurtres, évènements donc non planifiés aboutissent donc à destin véritablement hors norme qui consacre alors la marginalisation de l’individu concerné. Il n’entre dans aucune des cases d’un destin programmé par la société et devient dons un exclu même après sa mort. On peut le comparer ainsi au triste destin des âmes des guerriers non enterrés chez les Grecs qui errent sans fin en enfer.

La visualisation de cette rupture entraîne un traumatisme psychique et donc une peur secondaire de tout individu inséré. Cette peur secondaire correspond en fait à la peur de se retrouver dans le même destin que les victimes aperçues par exemple aux informations télévisées et de devenir un exclu. On s’assimile ainsi d’autant plus facilement à la victime que le nombre de ces victimes est peu nombreux et il sera alors d’autant plus facile à se projeter inconsciemment et de s’identifier à l’un d’elles. En particulier si on s’y apparente physiquement ou intellectuellement.

Cette peur peut être sublimée par un sentiment de révolte face à cette adversité et cet assassinat, révolte qui se concrétise par la participation à des manifestations populaires. Cette peur se transforme alors en une négation, en un refus de l’évènement voire une négation de cette situation. On remarquera ainsi que l’individu perd toute indépendance et sens critique se diluant dans une émotion stérile qui ne permet ni de connaître la cause de l’évènement meurtrier ni d’adopter une conduite  à tenir pratique pour éviter sa répétition ou son aggravation.

 

Cette indemnisation à la victime ne peut se faire que lorsqu’il y a proximité géographique ou ethnique. L’éloignement géographique ou racial permet une certaine distanciation. Peuvent témoigner les victimes du génocide des Khmers rouges ou du Rwanda qui finalement n’a que peu intéressé la population occidentale et en particulier la population française. On remarquera que la structure du raisonnement social permet  d’éluder les victimes de violence de masse même au sein d’un pays comme la France. Ceci est illustré par la problématique des victimes d’accidents de la route qui se montent à plusieurs milliers par ana et dont le sort crée beaucoup moins d’émotion que celui de quelques personnes assassinées.

 

En effet, la société crée alors un raisonnement centrée sur l’inévitabilité de cet évènement mortel bref, le destin fatal au sens latin du mot fatum, c'est-à-dire un destin devant lequel on ne peut que s’incliner, devant lequel nous ne sommes que des êtres infiniment petits. Ce destin inévitable est d’autant plus considéré comme routinier qu’il n’attire pas l’attention des médias à l’inverse des meurtres.

 

On peut considérer effectivement que le phénomène d’exclusion sociale des victimes de tels meurtres aboutit certes à une peur mais également à un repli de l’individu au sein de la société qui est censée le protéger. Après donc une période initiale de stress, d’effarement et de paralysie, l’individu réclame la protection de la société, plus concrètement, de la force de l’ordre et se moule dans un anonymat soumis.

 

 

On peut même considérer qu’il s’agit d’une peur inconsciente qui ne cherche qu’à s’exprimer et à resurgir à la faveur de ces évènements violents, comme il a déjà été dit. L’individu au sein de cette société infantilisante ressent inévitablement inconsciemment un certain malaise devant son absence d’autonomie, malaise qui s’exprime par cette peur devant des évènements violents imprévus dans le canevas social. La société profite même de ce évènement violent pour le diffuser via les médias officiels (télévision, radios, internet…) pour confronter l’individu à ce qu’il ressent de plus traumatisant à savoir l’échec de ce cocon social dans lequel il est censé évoluer.

 

La société profite alors de cet échec même, non pour l’assumer, mais au contraire pour enfoncer encore plus l’individu dans un état de dépendance via cette peur qu’il ressent et qui ne peut être occultée que par la protection que lui propose ce monde extérieur.

 

 

 

Une autre réflexion est celle basée sur l’attrait de l’individu pour le film de l’assaut contre les terroristes. En effet, même si tout à chacun n’est pas forcément fasciné par la violence il est frappé par l’attrait inconscient de l’extrême majorité des gens pour visionner ces vidéos sur ordinateur ou à la télévision.

Il s’agit en fait d’une fascination pour l’interdit. On navigue à la limite de cet interdit qui est le meurtre.

Bien sûr le meurtre est interdit et sanctionné mais il est toléré de le visionner quand il est légal, assuré par les forces de l’ordre. Il s’agit alors d’un meurtre légal. Cette fascination malsaine est causée par une identification aux forces de l’ordre comme dans les émissions de téléréalité où on s’identifie aux acteurs. Il s’y associe une sensation de puissance puisqu’on visionne les scènes avec une pseudo impression de domination, puisque bien sûr, on ne peut pas intervenir.

Il s’y ajoute ce plaisir du voyeurisme qui est alors autorisé, le voyeurisme d’une mise à mort.

Cette situation n’est pas récente puisque la population a toujours été fascinée par les exécutions publiques lors des exécutions publiques à la guillotine, lors des exécutions après tortures sur place de Grèves au moyen âge lors des combats de gladiateurs, ou lors des corridas.

 

 

On peut également mener une réflexion sur l’origine de ces actes terroristes. On peut l’expliquer par le fait que notre société vise à rendre les gens passifs en leur proposant une formation, un travail, une rémunération et en les incitant à consommer. La population et en particulier les jeunes, estime donc avoir droit à une formation, un emploi et au droit de consommer. Or, la crise « aidant » le système n’est plus capable de fournir le plein emploi et l’individu devient aigri face à la société à laquelle il reproche son absence d’efficacité.

Il reproche une insuffisance de moyens mais aussi une insuffisance d’idéal puisque ses moyens sont conditionnés par une théorie qui ne devient plus efficace. L’individu marginal, en situation d’échec d’obtention d’une gratification sociale, devient alors un parasite agressant, volant, effectuant divers trafics dont celui de stupéfiants. Fatalement, il se retrouvera un jour ou l’autre emprisonné ce qui aboutira à sa prise de conscience de l’échec de cette situation de parasitisme. Il se retrouve alors dans une situation d’exclusion et adopte des réactions marginales telles que celle de l’adoption d’un nouveau modèle social dont l’islamisme intégriste.

 

Auparavant, face à l’échec d’une gratification sociale, l’individu pouvait contester d’une façon légale en votant pour le parti communiste ou l’extrême gauche mais il réalise leur échec qui est propagé par les médias en particulier télévisés et donc s’en détourne.

Le débat sur les choix alternatifs de notre société se basait récemment jusque dans les années 90 sur des bases rationnelles ou du moins cohérentes. Les différentes théories se développaient, soit à partir de bases vérifiées puis d’un raisonnement cohérent, soit à partir de bases fausses telles que par exemple un idéal sans classe comme dans le communisme puis ensuite développé sur des bases cohérentes. Ainsi une société sans classe possédait des ennemis, les ennemis de classe qui devaient être éliminés et donc exterminés. Mais même lorsque cette théorie est fausse, un alibi rationnel était proposé. On arrive actuellement devant des choix de société très limités puisque auparavant on avait le choix par exemple entre la droite, la gauche, l’extrême gauche ainsi que les écologistes. Les écologistes actuellement se sont déconsidérés par leur rattachement au pouvoir et à ses privilèges. Le parti communiste, la gauche et l’extrême gauche ont perdu toute crédibilité du fait de la fin de la guerre froide. La droite et la gauche pour une grande partie de la population ont également perdu tout intérêt du fait des affaires politico-financières. L’extrême droite, de  notoriété publique n’a pas de projet économique viable et se repaît de la peur de l’autre à savoir l’étranger non européen. Une certain partie de la population n’a donc pas le choix ou plutôt n’a plus aucun choix alternatif rationnel. On  passe alors du rationnel à l’irrationnel voire à la déraison en basculant dans le terrorisme et l’intégrisme religieux.

 

 

 

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Quelles sont les solutions pour un Etat soumis à un blocage sociétal et en faillite ?

 

 

Le gouvernement doit bien sûr entamer des réformes drastiques mais qui malheureusement nécessiteront un délai pour devenir opérantes. Pour relancer l’économie et pour attendre les résultats des réformes, les gouvernants devront donc injecter de l’argent frais. Ils ont donc besoin d’une réserve financière, de cash qu’ils pourront injecter telle une perfusion dans l’économie française.

 

On peut imaginer à titre d’exemple la suppression de l’invalidité octroyée par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, l’indépendance de la Guyane en gardant Kourou et le site de lancement des fusées en location, comme au Kazakhstan en Russie, l’abandon des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique…) avec la fin de l’octroi de la nationalité française aux descendants des ressortissants des Antilles françaises, la suppression d’un salaire minimum.

 

 

 

 

 

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Réflexions sur la violence dans le milieu du travail à Air France

Réflexions sur la violence dans le milieu du travail à Air France

 

Elles s’inspirent de l’épisode dit de « la chemise arrachée » où un DRH (Directeur de Ressources humaines) et son adjoint se sont vus violemment déshabillés par des membres du personnel en colère à qui on venait d’annoncer un nouveau plan social à Air France. Cette violence tout à fait inhabituelle est favorisée par la dissolution de l’individu dans un groupe où il perd tout contrôle de soi, toute autocritique et où on voit se substituer à sa psyché, une psyché collective basée sur la violence des mots et des actes. Les employés dans cet évènement perdent leurs caractères d’êtres civilisés, qui brident leur comportement primitif et se sentent transitoirement au moins en position de force suivant le principe de la meute.

L’intégration d’un être humain dans un carcan social nécessite la garantie d’un statut social valorisé permettant une autonomie financière de même qu’un animal domestique, pour obtenir sa soumission, doit se voir offrir une sécurité alimentaire. Il en est ainsi des chiens qui laissés à l’abandon par leur maître se regroupent en troupeaux de chiens errants qui deviennent agressifs dans leur quête alimentaire.

 

En effet, dans notre société actuelle de consommation, l’être humain présente en fait un statut d’assisté dans le monde occidental. Cette sécurité sociétale comprend la sécurité sociale, avec des soins médicaux garantis, un emploi garanti à vie dans les grandes sociétés ce qui est de moins en moins fréquent mais qui existe encore par exemple à Air France ou chez les fonctionnaires, une sécurité publique assurée par les forces de l’Ordre, etc.

 

Même les chômeurs bénéficient d’une forme de sécurité avec au moins au début, les allocations chômage, puis le RSA, les soins gratuits grâce à la CMU, les allocations familiales…

 

La notion d’assistance donne l’illusion alors d’une sécurité.

 

Les employés d’Air France qui ont toujours vécu en sécurité ou dans l’illusion d’une sécurité se voient actuellement menacés de licenciements avec une crainte d’autant plus importante qu’à la crainte de licenciement s’ajoute une peur de l’inconnu qui élargit le thème précis de l’anxiété à une anxiété généralisée souvent sous jacente dans la personnalité humaine.

En effet, il s’ajoute une peur occasionnée par la vulnérabilité sociale et une peur de l’incertitude puisqu’en fait le salarié ne sait pas s’il va être licencié ou pas (2900 licenciements sur 60000 employés). Une angoisse inconsciente jusqu’ici oblitérée par le statut social bien délimité de l’individu réapparaît alors avec la double crainte d’être choisi pour la charrette de licenciement et la crainte de changer de statut social en passant de celui d’employé valorisé à celui de chômeur, statut que ne connaît pas l’employé actif. Cette inconnue de ce statut de chômeur le rend d’autant plus anxieux et inquiet puisque la peur de l’inconnu majore la peur d’un évènement déterminé.

 

Cette réalité de l’assistanat est d’autant plus majorée que la société actuelle de consommation décourage en fait toute initiative sociale. L’individu suit ainsi la publicité, prend pour argent comptant les informations télévisées, ne cherche pas à s’informer par lui-même, par exemple dans des livres ou dans des revues, ne s’investit pas dans des discussions politiques. Il devient amorphe socialement. Il devient dépendant de son salaire pour effectuer le choix de ses objets de consommation. Ce choix devient en fait le seul élément actif de sa personnalité puisqu’il ne réfléchit quasiment plus à d’autres thèmes et qu’il perd tout sens critique aussi bien politique que social ou économique.

 

Cette crainte de l’inconnu avec ce thème du licenciement qui lui est imposé entraîne comme il a été dit plus haut une anxiété qui demande à être traitée. L’employé cherche alors à se rassurer en se regroupant avec d’autres individus dans la même situation. Des leaders d’opinion font alors disparaître cette anxiété en la transformant une agressivité. Cette agressivité suggérée par les leaders d’opinion est facilité par l’adhésion au groupe, l’individu perdant alors toute autonomie, se fondant dans le groupe, et perdra encore plus toute initiative, tout réflexion et toute sensation psychologique.

 

Le leader d’opinion désigne alors l’ennemi, ici le DRH (Directeur de Ressources humaines) livré à la vindicte de la meute. L’homme retourne alors à une forme de bestialité. Il est intéressant de remarquer qu’il rejoint ainsi l’évolution des animaux domestiques, livrés à eux-mêmes.

 

Ceci s’explique par le comportement de ces animaux domestiques imposé par le maître humain qui a transposé les principes de sa gestion sociale.

 

L’agressivité est ainsi la réponse de l’individu à son anxiété qui se fond alors dans le groupe, perdant sa psychologie propre pour adopter la psychologie du groupe où il disparaît.

 

 

 

 

 

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